Culture du manioc

Le manioc est une plante vivace cultivée comme annuelle dans les régions tropicales et subtropicales et qui produit un légume racine à partir duquel sont faits de la farine, de la fécule, du tapioca, du bâton de manioc (bobolo ou minyondo), waterfufu et que sais-je encore. Originaire du Brésil, la culture du manioc a été importée en Afrique par les européens au XVIe siècle. C’est une plante à multiplication végétative, c’est à dire qu’il suffit d’une bouture ( ici un morceau de tige) pour avoir une plante.

Le manioc est l’aliment de base d’une population de près de 800 millions d’habitants à travers le monde. Dont 500 millions en Afrique.

Depuis 1961, la production du manioc s’est accrue de 350% dépassant ainsi celle des céréales qui s’est accrue dans la même période de 300%.

Que vous vous intéréssiez à l’agriculture du manioc pour augmenter votre chiffre d’affaires, pour vous démarquer dans l’industrie ou tout simplement pour vous nourrir et prendre soin des vôtres, vous êtes sur le bon chemin. Et cet article va aiguiser votre curiosité et aussi vous apporter des informations concises pour pour permettre de réussir votre projet.

Conditions climatiques

Le manioc croît de façon optimale entre 25 et 30°C mais peut supporter des extrêmes de 10 à 20°C pour les plus basses températures et jusqu’à 40°C pour les plus hautes.

Besoins en eau

Une pluviométrie annuelle entre 1000 à 2000mm avec une bonne répartition est satisfaisante pour la croissance du manioc.  Toutefois, la plante bénéficie d’une tolérance relativement forte aux stress hydriques mais tout manque d’eau se traduit par une limitation de croissance et , en conséquence, par une réduction de la synthèse de l’amidon dont la qualité peut être plus ou moins affectée en fonction de la sévérité du stress et de l’age de la plante.

Sol et conditions édaphiques

Le manioc se sent mieux dans des sols légèrement acides ( pH 5,5). Les conditions les plus favorables sols les sols profonds sablo- limoneux ou sablo-argileux.

Les bio-agresseurs : maladies et ravageurs

Le manioc est exposé à différents types d’attaques et de maladies.

Ceci n’étant pas un article scientifique, nous allons juste lister quelques maladies auxquelles vous serez confronté.

Le viroses

Les deux maladies qui ont le plus grand impact économique sont la mosaïque du manioc ( Cassava Mosaic Desease, CMD) et la mosaïque des stries brunes du manioc ( Cassava Brown Streak Virus, CBSV). Elles sont à la fois transmises par les boutures et apr un insecte vecteur, la mouche blanche ou aleurode.

Les bacterioles

On a entre autre la bactériole vasculaire ( Cassava Bacterial Blinght, BCB); la maladie des taches foliaires anguleuses ( Cassava Angular Leaf Spot,CBN); la pourriture bactérienne des tiges (Cassava Bacterial Stem Rot)

Ensuite nous avons les :Maladies causées par les phytoplasmes, les Maladies fongiques des parties aériennes, Les pourritures des racines.

Les nématodes méritent un paragraphe entier. Ils sont de plusieurs sortes, les nématodes à galles sont les plus connus. Les nématodes sont la cause de beaucoup de pertes  en agriculture en général et notamment celle du manioc. Ils attaquent les tiges, les racines adventives  et les racines tubéreuses.

Pour lutter contre les nématodes il faut :

– Roter avec les cultures peu sensibles aux nématodes ( sorgho, mil, chou, oignon,ail)

– Éviter de planter le manioc après, ou pire encore pendant, les cultures très sensibles notamment aux nématodes à galles ( tomates, pommes de terre, tabac, niébé, aubergine, gombo, cotonier, soja, riz)

Comme autres agents vecteurs, nous avons les arthropodes qui sont généralement des insectes et des  acariens.

Mais il y d’autre ravageurs tels que les termites, des fourmis, des oiseaux, des animaux tels que le hérisson, le porc et plein d’autres et certains tendent des pièges tout autour de la plantation à travers une barrière faite avec des feuilles de rafia ou tout autre dispositif.

Vous avez de façon ramassée les différentes menaces qui vous attendent.

Maintenant que vous êtes sensibilisés sur les conditions et les risques encourus dans la culture du manioc, passons à l’agriculture du manioc proprement dite.

En l’absence d’herbicide, il faut souvent pratiquer 3 à 4 sarclages, le
premier vers 3 ou 4 semaines après plantation, puis ensuite au 2e
, au
4e
et au 7e mois

L’AGRICULTURE DU MANIOC

Le manioc est une culture à propagation végétative. Cela veut dire que les plantes cultivées sont issues de boutures de tige
prélevées sur la culture précédente ou dans des pépinières mises en place à cette fin, parfois appelées «parc à bois», en
dehors du cas assez rare et spécialisé de création de nouvelles variétés issues de graines ou d’hybrides spontanés provenant de germination de graines. La multiplication végétative permet de
reproduire à l’infini le même individu par clonage sans variation de son patrimoine génétique – hors mutation somatique,
phénomène assez rare. De ce fait, pour une variété donnée, l’homogénéité est totale et l’agriculteur n’a pas à se soucier de dérive génétique, sauf en cas d’absence d’épuration des hybrides spontanés
issus de graine présents dans le champ. Cette situation est fréquente si la variété cultivée est fructifère.
Le bouturage est cependant porteur de risque sanitaire beaucoup plus grand que dans le cas des plantes propagées par graines. Une bouture étant un morceau de l’appareil végétatif, dans le cas du manioc il s’agit de bouture de tige, elle est en effet susceptible de transporter et de transmettre à la génération végétative suivante de nombreux bio-agresseurs parmi lesquels les virus mais aussi des champignons, des insectes, des nématodes ou des acariens. En l’absence de précaution sanitaire rigoureuse et de techniques culturales appropriées, la charge en pathogènes peut devenir rapidement élevée altérant fortement le
potentiel de rendement. En outre, le matériel de plantation est potentiellement un vecteur de diffusion géographique des bio-agresseurs même sur de très grandes distances.
La mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles concernant à la fois les techniques culturales et la gestion du système de culture et des rotations est une condition primordiale pour obtenir et maintenir sur le long terme une production «rentable» pour le producteur tant au niveau alimentaire qu’économique.

Préparation du sol

Ici, vous avez toute la procédure allant du choix de la parcelle selon le type de sol à la formation des billons en passant par le défrichage, abattage, nettoyage de la parcelle.

Pour le choix du sol reportez-vous plus haut. Après défrichage,et abattage, le nettoyage doit être systématique. Vous pouvez y appliquer l’herbicide 2 semaines avant planting.

Formez les billons à votre guide, mais espacez les de 50cm. Une fois celà fait, vous êtes prêt pour l’étape suivante.

Préparation des boutures

Dans des conditions artisanales, comme on pratique l’agriculture du manioc en milieu paysan, les boutures sont prélevées sur une parcelle de production plus ancienne. Les boutures (appelées «bois») 
doivent être prélevées autant que possible sur des plantes saines et vigoureuses le plus près possible de la récolte afin de ne pas pénaliser la production du champ où ces boutures sont coupées. Si  la replantation des boutures ne peut être effectuée immédiatement, il faudra stocker les bois à la verticale en fagots dans un endroit frais, ombragé et aéré 
en assurant un bon contact de la base des tiges avec le sol propre et frais. Ces bois se conservent sans problème plus d’un mois. Plus les bois sont longs, meilleure sera la conservation. Après le premier mois, les 
bourgeons apicaux puis de jeunes feuilles apparaissent d’abord sur les parties hautes lorsque les bois sont conservés à la verticale, sur toute leur longueur quand ils sont obliques. Au moment de la préparation des boutures, il est préférable d’éliminer les parties ayant bourgeonné d’où l’intérêt de conserver les bois le plus verticalement possible.

Dans la pratique, on coupe des boutures mesurant 20 à 30cm ou comportant 4 à 6 nœuds, prélevées sur les parties bien lignifiées (aoûtées) des plantes-mères. En deçà de 4 nœuds, le rendement des plantes chute rapidement, au-delà, il n’y a pas d’augmentation significative de rendement.

Planting

En culture manuelle, la bouture peut être plantée de différentes 
manières (verticale, oblique, horizontale) selon les conditions et les traditions locales. Les boutures horizontales placées sous 
5-10 cm de terre donnent des racines plus nombreuses mais de moindre 
poids que celles plantées en oblique ou à la verticale et non entière-
ment enterrées. Les boutures plantées à la verticale sont cependant 
plus sujettes au dessèchement en cas de manque de pluie. À l’inverse 
on préfère planter les boutures sur billon à la verticale et enterrées sur 
4/5e de leur longueur en cas de risque d’engorgement du sol. Une plan-
tation verticale donne généralement une seule tige moins sensible à la 
verse alors qu’une plantation à plat provoque l’apparition de plusieurs 
tiges plus courtes . Un placement oblique 
facilite la récolte. Des essais en Chine et en Colombie ont montré que 
la plantation verticale donne un meilleur taux de reprise des boutures 
notamment en cas de pluviosité limitée après la plantation, alors qu’à 
plat (ou oblique) le rendement final est plus élevé. Enfin, il est important de veiller à placer les boutures avec l’extrémité apicale vers le haut («à l’endroit»), la plantation «à l’envers» donnant des tiges plus grêles.

La densité de plantation et l’espacement entre boutures varient selon les systèmes considérés. Les densités usuelles oscillent entre 10 000 et 20 000 plantes/hectare. En culture pure, les intervalles entre lignes 
varient généralement de 0,8 à 1,2m pour faciliter le désherbage ; l’espacement sur la ligne varie de 0,6 à 1,0m. Dans certains systèmes, la plantation se fait en ligne jumelées (0,8-1,2×0,8m). En culture de 
manioc associée à une autre culture, on observe parfois des densités de trouaison plus faibles (5 000 à 7 000) avec 2 à 3 boutures par emplacement. La plantation conjointe de plusieurs boutures n’est souvent pas nécessaire grâce au bon taux de reprise du manioc, sauf en cas de boutures de faible qualité ou de risque lié aux termites.
En culture mécanisée largement répandue dans certaines régions d’Amérique du Sud et d’Asie il existe une large gamme de planteuses, notamment d’origine brésilienne ou chinoise, utilisables pour plantation à plat ou sur billon (photos 33 et 34, cahier couleur). Ces machines 
plantent de 2 à 3 lignes par passage. Elles sont servies par autant d’ouvriers embarqués qui découpent les tiges en morceaux de longueur désirée et introduisent les tiges au fur et à mesure. L’espacement entre lignes est réglable entre 0,8 et 1,2m, l’espacement entre boutures entre 0,4 et 1m. Mais je vous conseille d’espacer de 1m entre les boutures et de 0,5 entre les lignes. Les boutures sont généralement positionnées à plat, mais il existe des machines qui peuvent planter verticalement ou en oblique.

Date des différents travaux

Le calendrier cultural du Sud Cameroun ( régions de Sud, Ouest, Est, Centre, Littoral, Sud-Ouest, Nord-ouest et Adamaoua dans une certaine mesure) comprend deux saisons, suivant l’avènement des pluies. Nous avons la période allant de Février à Mai et celle de juin à août.

Avec les tensions à travers le monde et notamment la guerre en Ukraine et toute la pénurie de blé y relative, les populations de toutes les localités, avec l’appui des pouvoirs publics, devraient trouver des alternatives afin de continuer se nourrir. Le manioc et ses dérivés sont une alternative de choix. Le comble c’est que une telle initiative s’avère moins onéreuse tant en recherche qu’en exploitation que de se lancer dans la production du blé.

Que ce soit à échelle personnelle pour prendre soin des vôtres, ou mieux encore pour nourrir plus de monde et y apporter davantage de valeurs, la culture du manioc est un projet qui mérite énormément d’y accord ressources et attention.

Pour la période de février à mai, la préparation du sol a lieu entre février et mars. Le planting a lieu de mars à mai et récolte a lieu de janvier à mars de l’année suivante.

Pour la période allant de juin à août, la préparation du sol a lieu de juin à juillet. Le planting a lieu de juillet à août. Et la récolte a lieu de avril à juin de l’année suivante.

Pour ce qui est du sarclage, en l’absence d’herbicide, il faut souvent pratiquer 3 à 4 sarclages, le premier vers 3 ou 4 semaines après plantation, puis ensuite au 2e, au 4e
et au 7e mois.

Herbicides

Plusieurs matières actives peuvent être utilisées pour le désherbage du manioc. Les herbicides de prélevée peuvent être appliqués tant que les bourgeons des boutures ne sont pas développés, soit environ 3 jours après plantation. Dès qu’ils apparaissent, il est impératif de traiter par une application dirigée avec un cache. Les herbicides sélectifs de post-levée, comme l’anti-graminée fluazifop-butyl, sont appliquer sur des adventices jeunes (3-5 feuilles) pour être efficaces. Je vais vous recommande quelques herbicides  sélectivité sur le manioc en culture pure : Alachlore, Diuron, Oxyfluorfène, S- metolachlore. Et pour les cultures associées: Diuron+Alachlore, Oxyfluorfène  mais à très faibles doses.

Fertilisation

L’apport d’engrais est encore relativement peu pratiqué sur les cultures de manioc dans le monde. La capacité de cette plante à produire avec un rendement acceptable, même sur sol pauvre, a laissé penserque la fertilisation n’était pas indispensable pour le manioc, dont les prélèvements nets en nutriments sont relativement modestes pour les rendements faibles et lorsque seules les racines sont exportées. Le fait 
que sa culture soit en grande majorité réalisée par de petits producteurs pauvres ayant difficilement accès aux intrants n’a bien sûr pas contribué à modifier cette situation. Cependant, de très nombreuses 
expérimentations à travers le monde ont démontré que le manioc répondait généralement bien à la fertilisation chimique. Si, en culture traditionnelle et itinérante, la fertilisation est encore accessoire ou justifiable uniquement à des doses très modestes, en culture plus 
intensive, à finalité commerciale comme celle qui se développe pour l’approvisionnement de l’industrie de l’amidon, il devient nécessaire 
de compenser les exportations par des apports réguliers de fertilisants.

Le manioc répond bien à l’apport d’engrais lorsqu’il est cultivé sur des sols
pauvres. Sur des sols très pauvres en phosphore disponible (<2 ppm), il répond
d’abord aux applications de phosphore. Lorsque le phosphore n’est pas ou moins
limitant, il répond d’abord aux apports de potassium et d’azote.
Les engrais complets NPK donnent les meilleures réponses pour des ratios de
2-1-2, 3-1-2 ou 2-1-3 Ex. NPK 15-7-15 ou 30-10-20 ou encore 20-10-30. Parmi les oligo-éléments, le zinc est le plus important pour
la production de manioc.
Le manioc est très tolérant à la sécheresse et peut être cultivé dans des zones
à pluviométrie annuelle inférieure à 500mm. Une fois bien établie, la plante
peut survivre à de longues périodes de sécheresse (6-8 mois). Sa croissance est
stoppée mais le développement reprend avec le retour des précipitations. Dans
ces conditions, les rendements sont bas mais relativement stables, avec un niveau
d’exportation en éléments nutritifs faibles.

Production

La production normale en milieu paysan est de 20t/h. Mais elle peut atteindre les 30t à l’hectare. Et pour ce qui est de la production en masse ou industrielle, on peut aller jusqu’à 50t/h.

Je n’ai pas inséré la fiche technique de la culture du manioc, sinon cet article serait très long. Pour ceux et celles qui ont besoin d’une fiche technique bien détaillée et plus encore, d’un suivi, vous pouvez nous contacter. Nos experts vous conduisent pas à pas dans la bonne marche de tous vos projets agro-pastorales ( agriculture alternative et élevage)

Conclusion

Avec la flambée des prix sur le marché due à la guerre en Ukraine, il est temps que les pouvoirs publics et mieux encore que chacun prenne des dispositions pour pallier à la dépendance au blé et produits importés. Une des alternatives seraient la culture du manioc. Alors il est temps de se lever et oser entreprendre.

Que votre motivation soit pour prendre soin des vôtres ou pour apporter de la valeur au monde, le projet de culture du manioc tombe à point nommé.

Voilà j’espère que cet article vous aura apporté de la valeur. J’y ai du plaisir à l’écrire. Si vous avez des suggestions sur des articles que vous voudriez que je publie, ou si vous avez besoin de plus d’informations, vous pouvez me joindre directement ou sur WhatsApp au +237696170761.

Je suis Emmanuel ELLA, votre fidèle serviteur.

Publié par Emmanuel ELLA

Agripreneur et Infopreneur

3 commentaires sur « Culture du manioc »

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer